Première sortie de l'hôtel, premier klaxon dans les oreilles.
La ville regorge de vélos, motos, scooters, voitures, taxis, bus... autant vous dire que les piétons n'ont pas vraiment leur place dans cette jungle. Le seul petit cadeau, c'est que les camions n'ont pas le droit de circuler de jour. Déjà que les embouteillages de petits véhicules c'est impressionnant, alors je ne vous raconte pas si les 33 tonnes s'y mettaient.
Pour se faire respecter dans la marée motorisée, il faut abuser du klaxon ! En France quand ça klaxonne c'est qu'on est très mécontent,très impatient ou très con, n'est-ce pas ? Ici c'est quand on est sensé et qu'on ne veut pas se faire emboutir son véhicule. J'arrive dans une ruelle, je klaxonne. Je suis content, je klaxonne. Je veux doubler, je klaxonne. Je ne suis pas certain que mes voisins de route m'aient repéré, je klaxonne. Je m'ennuie un peu au volant, je klaxonne. Ça marche aussi avec les appels de phares, pour pimenter un peu le traintrain quotidien.
Comment se différencier des autres dans ce vacarme, pensez-vous ? Les vietnamiens ont pensé à tout : tuner son klaxon. Plutôt que de se fatiguer à appuyer 4 fois dessus, vous avez le klaxon qui résonne decrescendo une dizaine de fois, le klaxon "je suis un bateau qui quitte le port et je veux que le monde entier m'entende" ou encore le klaxon agressif et sournois qui fait mal aux tympans.
On s'y habitue... Mais quand même, quand on est quasiment seul dans une ruelle (ce qui est rare), qu'on a vu le pilote et qu'il voit qu'on l'a vu (du real eye contact) et qu'il klaxonne quand même, ça sent le défi à plein nez.
Alors l'autre challenge, c'est de traverser la rue. J'avais lu et entendu que le secret c'était de traverser en marchant lentement sans jamais s'arrêter. Il faut en fait visualiser la marée de motos comme un gros banc de poissons qui s'écarte autour d'un obstacle pour se reformer derrière. En l'occurrence l'obstacle c'est le piéton. Et bien ça marche ! Nous avons tenté notre première expérience avec Aurélie et Julie et nous n'étions pas peu fières d'avoir passé l'épreuve. Bon n'empêche qu'hier soir, c'est un vieux monsieur qui nous a aidées à traverser (hum, oui c'est le monde à l'envers) voyant notre embarras au milieu de la route à ne plus savoir à quel moment mettre un pied devant l'autre.
En fait ici ça marche au culot. Vidéos à l'appui très prochainement.
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